Comment
ai-je appris la langue si rapidement sans aucune base linguistique ?
Avant
mon départ pour la Russie, je connaissais déjà plusieurs langues,
de par mes études universitaires et par le fait d'avoir vécu dans
différents pays depuis l'âge de 17 ans.
Toute ma vie, j'ai entendu : « tu es douée pour les langues », étant donné que, selon ces personnes, j'aurais des facilités pour les apprendre en un temps très réduit. Je ne suis pourtant pas certaine que les gens soient « doués » pour les langues étrangères. Certains ont peut-être plus l'oreille ou des facilités à reproduire certains sons que d'autres, mais je pense que c'est une simple « gymnastique de l'esprit ». A partir du moment où vous apprenez une langue étrangère, vous pouvez en apprendre 1000 autres sans aucun problème; le système est le même. Et tout le monde en a appris au moins une à l'école!
Même
si vous ne les avez jamais pratiquées à l'oral, même si vous
n'étiez pas le premier de la classe en langues étrangères - la
base est là, que vous le vouliez ou non. C'est comme le sport. Si
vous avez fait du sport à un moment donné de votre vie, il suffira
de vous y remettre pour que vos muscles se sculptent à nouveau - le
corps et l'esprit ont une mémoire...
En
ce qui concerne les langues étrangères, je pense qu'il y a aussi
une sorte "d'instinct" chez l'Humain. Si besoin, il pourra
toujours se débrouiller à l'étranger, pour survivre, en employant
toutes les possibilités qu'il a: gestes, sons, dessins (si
possible)... Une fois qu'il aura décidé de rester dans le pays
d'accueil, alors l'apprentissage de la langue se fera naturellement,
parfois sans trop d'efforts (immersion oblige...) - tout cela
dépendra du désir et des objectifs de la personne d'apprendre la
langue en question : motivation ? Survie ? Travail ?
Voyage ? En ce qui me concerne, je souhaitais être capable de
communiquer rapidement avec les Russes. Travailler sur mes fautes et
sur une meilleure lecture ou écriture, n'a jamais été alors pour
moi primordial.
A
17 ans, je suis partie étudier aux États-Unis, où j'avais 1 heure
de russe par jour. Et croyez-le ou non, après une année scolaire,
je ne savais toujours pas me présenter correctement !
J'ignorais même que les lettres de l'alphabet cyrillique différaient
complètement lorsqu'elles étaient écrites en imprimerie ou en
cursives !
10
ans après, j'ai commencé à prendre des cours du soir sur Paris,
par simple intérêt, sans réel objectif, mais y ai très rarement
assisté – études et travail obligent... J'ai ensuite signé pour
travailler en Russie et me suis alors donné 2 mois, une fois sur
place, pour « comprendre » le russe dans son idée
générale et « être comprise ». J'ai atteint mon
objectif – mais pas de miracle à cela ! Selon moi, seule la
volonté est la clé de la réussite en langues !
Marié
(e) ? Des enfants ?
Question
toujours délicate à répondre…
Dans
un pays où, à 30 ans déjà, on est considéré comme « vieux »
- en particulier en provinces, vous devez alors trouver de bons
arguments qui justifieraient votre statut de « célibataire
sans enfants » si c'est encore le cas. Ne sachant mentir, mais
ayant une imagination débordante, voici quelques exemples de
réponses que j'ai pu fournir au fil du temps :
« Pas
encore ! Trop jeune ! »
« Je
ne suis pas sûre de rester en Russie, donc... pour le moment, pas de
mariage ni d'enfants ».
Après
avoir reçu ma carte de séjour, j'ai ajouté :
« Dans
d'autres pays, comme la France par exemple, ce n'est pas un problème
de ne pas être marié (e) ni d'avoir d'enfants à 30 ans. La culture
est simplement différente, comme l'état d'esprit des gens aussi.
Alors – acceptez donc les différences ! » :-)
« Je
n'ai pas encore trouvé « l'homme de ma vie » - vous
savez à quel point c'est difficile de le trouver, en particulier
ici » (Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette idée,
mais nous y reviendrons plus tard...)
Lorsque
j'ai commencé à vivre en couple avec un Russe, je me suis alors
justifiée ainsi :
« Je
ne me sens pas de me mariée encore – une telle bureaucratie pour
les couples mixtes ! Et si on a des enfants et qu'on divorce ?
Quelle horreur ! Ce serait alors tant de problèmes
supplémentaires à régler entre 2 pays ! » (cf 2009 –
Histoire d'Elise, fille d'Irina Belenkaya (Russe) et de Jean-Michel
André (Français).
Je
n'affirmerais pas que cette question est « typiquement russe
» - non. Il est possible de l'entendre partout, même en
Europe. Simplement l'âge diffère – les gens ne sont peut-être
pas si choqués par une femme célibataire de 30 ans, mais peut-être
de 35-40...
As-tu
peur de la police ? De nos politiques ? Des autorités ?
Non,
je n'ai pas peur des autorités russes. Partout ou l'on va – une
chose est essentielle : tout faire dans la légalité, même
dans un pays où les lois ne sont pas toujours appliquées.
Renseignez-vous un maximum sur les lois et votre statut d'immigré.
Bien sûr, le cas échéant, vous pourrez ne pas aller en prison, ni
avoir une amende trop importante, mais c'est courir le risque d'être
interdit de territoire pendant plusieurs années... Ce serait tout de
même dommage, en particulier si vous avez décidé de faire votre
vie dans le pays.
Que
pensez-vous des Russes ? Froids, impolis, agressifs ?
Pas
très facile comme question non plus ! Je ne peux pas dire que
lorsque vous allez en Russie, votre première impression est que les
gens sont souriants, accueillants et ouverts. Mais comme je l'ai dit
auparavant, il faut simplement les connaître un peu pour qu'ensuite,
ils vous sourient tant, que vous pourrez compter leurs dents !
:-)
Cela
a-t-il été facile pour vous de vous faire des amis ? Et quels
sont vos passe-temps favoris ?
La
Russie est un pays extrêmement culturel ; même en provinces,
comme je l'ai évoqué pour Perm, les festivals, les spectacles, les
expositions, les concerts et les événements sportifs ou musicaux,
sont partout. Donc difficile de s'ennuyer ! Et si vous en avez
peu dans la ville où vous habitez, faites parfois un tour dans une
agglomération plus grande proche que la vôtre (bien sûr, les
distances sont ici très relatives...) ! Sinon, vous pourrez
toujours prendre plaisir à skier, à faire des randonnées, à aller
à la bania, ou encore, à regarder la télévision afin de
travailler votre oreille au magnifique son de la langue russe. :-)
Personnellement,
partout où j'ai vécu, je ne me suis jamais sentie seule ni
nostalgique. J'aime peut-être tout simplement communiquer avec
autrui, en savoir plus sur leur vie, leurs traditions et leur
culture. Si vous êtes une personne ouverte et sociable – vous ne
serez jamais seule, dans votre pays d'origine comme dans votre pays
d'accueil. C'est juste une question de volonté et de personnalité !
Mon
premier voyage loin de « chez moi », aux États-Unis, n'a
pas été de suite facile. Adolescente de 17 ans, extrêmement
timide, polie et peut-être trop bien éduquée, je me suis vite vue
devoir faire un choix : s'ouvrir aux autres, ou bien rester
telle que j'étais, mais ne me donnais pas plus de 2 semaines avant
de tomber dans une profonde dépression. J'ai bien sûr choisi la
première solution et, après avoir suivi des cours d'improvisation
théâtrale et m'être forcée à porter le masque de « la
Française la plus ouverte du monde », je me suis retrouvée
une des écolières les plus populaires de l'école. :-)
Progressivement,
le masque est tombé, mais la jeune fille réservée que j'étais a
simplement donné place à la personne que je suis aujourd'hui –
souriante et ouverte.
Donc
dans un pays étranger, il est essentiel d'apprendre à connaître
autrui et sa manière de vivre, tout en s'adaptant aux règles du
pays visité, voire adopté. En Russie, tout comme je l'avais vécu
auparavant en Allemagne, l'expérience de rencontrer des personnes
froides au premier abord n'a pas été une nouveauté. Et tout comme
avec les Allemands, une fois la vitre brisée, les Russes sont des
gens plus adorables et très généreux !
Avez-vous
déjà été à la bania ? L'avez-vous appréciée ?
Je
n'aime pas la Bania... je l'adore ! :-D La « bania »
est une sorte de sauna, mais humide, dont la température idéale,
d'après mois, est de 80 degrés. L'expérience prouve que ce n'est
pas seulement une tradition en Russie, mais un vrai rituel !
Dans
le passé, les banias avaient un seul but hygiénique. « Familiales »
(dans les villages) ou « publiques » (dans les villes),
les Russes s'y lavaient une fois par semaine (le week end).
Aujourd'hui, les banias sont des lieux beaucoup plus sociaux, où les
gens se rassemblent afin d'y fêter de petites ou grandes
occasions (anniversaires, fêtes de fin d'année, diplômes) ou
tout simplement, par plaisir, car c'est tout simplement... très bon
pour la santé ! Si vous n'aimez pas trop la chaleur, vous
pourrez toujours y aller et passer du bon temps avec vos amis, boire
du thé, manger un petit quelque chose (ou un gros...) et vous
détendre.
Dans
la pièce la plus chaude, il est traditionnel de procéder à des
massages - certes surprenants pour des non-Russes, car effectués
avec des branches d'arbres différents (chêne, bouleau, pin). Rien
de douloureux ni de masochiste là-dedans (bien au contraire!) étant
donné que ces branches sont auparavant humidifiées. Cette procédure
permet d'améliorer la circulation sanguine, de lisser et de nettoyer
le corps en profondeur, de par les vertus de ces arbres agissant sur
les pores ouverts de la peau. Le tout renforcerait également le
système immunitaire.
Petit
détail en ce qui concerne la bania : les gens y vont en général
nus, sans toujours se connaître les uns les autres, mais continuent
sur place à se vouvoyer ! Etonnant et drôle la première fois
qu'on a cette expérience, mais comme tout - on s'y fait ! :-)
Bien
sûr, il est tout à fait possible d'y aller en maillot de bain ou
avec une serviette autour de soi, mais en se penchant un peu sur les
bienfaits de ce sauna russe - vous ferez très vite alors tomber le
maillot et la serviette. :-)
Et
notre vodka – déjà testée ?
En
ce qui concerne l'alcool – je n'en bois pas du tout ; pas même
de vin ; pas très typique pour une personne originaire de
France... et lorsque les Russes me le pointent du doigt, je réponds :
« Une Parisienne vivant à Perm et ne pensant pas retourner dans son
pays – ce n'est déjà pas très typique ! Alors, pourquoi
boire du vin ? Et vous, les Russes – appréciez-vous tous
la vodka ? »
En
général, cela met fin à la conversation... pour un petit moment en
tout cas... :-)
L'essentiel
pour un étranger en Russie est d'apprendre à dire « non » :
lorsqu'une personne vous offre une boisson que vous ne voulez pas –
ne l'acceptez pas ! Les Russes tenteront de vous en persuader
par tous les moyens, mais refusez – croyez-moi ! Inventez ce
que vous voulez - même que vous êtes allergique à l'alcool,
si vous manquez d'imagination, parce qu'après le premier verre, vous
ne pourrez plus vous contrôler et vous danserez nu sur la table –
ce qui ne sera pas apprécié par tous (quoique... :-P), ou alors...
inventez autre chose, mais ne buvez pas... Parce qu'ensuite, ils se
souviendront que vous avez déjà bu avec eux et penseront que vous
réitérerez chaque fois l'expérience en leur compagnie ! Et
comme boire est un culte en Russie (on y reviendra plus tard) –
faites plutôt attention...enfin... petit conseil... :-)
Que
pensez-vous de nos routes, en comparaison avec celles européennes ?
A
cette question, je pense qu'il n'existe qu'une seule et unique
réponse : mis à part quelques rares autoroutes crées dans le
pays, les routes russes sont tout simplement – HORRIBLES !
Donc,
soyez patients, étant donné que les distances très grandes et les
limites de vitesse... très petites. Et...prenez une bonne voiture !
Croyez-moi - ça aide !
Est-ce
mieux en Russie ou en Europe ?
Il
est tout à fait naturel de comparer des pays, afin de justifier ses
réponses, mais très vite, vous comprendrez que ça ne sert à rien.
Donc maintenant, je réponds : « Il y a des côtés positifs
et négatifs partout ! Ils apparaissent seulement dans des
domaines différents, rien de plus ». Et seulement si la
personne est réellement intéressée par le fait d'aller plus loin,
nous en discuterons davantage ; sinon, cette réponse satisfait
en général tout le monde.
Qu'en
est-il de la « saleté » dans notre pays ?
Parfois,
je me retiens de répondre : « Et Paris – vous
connaissez ?! » :-)
Plus
sérieusement, je réponds en général que la saleté ici, en
particulier en province, est plus propre que celle en Europe :
en Russie, rares sont les égouts pluviaux (sauf dans les
capitales...et encore !), donc je vous laisse imaginer l'état
des routes après les averses... Mais cela reste de la « boue »
et non des ordures !
Par
ailleurs, les Russes soulignent souvent le fait que dans les films
occidentaux, ou lorsqu'ils vont à l'étranger, personne n'enlève
ses chaussures à la maison ; leur explication : « vos
rues sont tellement propres – pas besoin de les enlever ! Ce
n'est pas comme chez nous !... » Ce n'est bien évidemment
pas vrai ! Nos rues ne sont pas plus propres, mais plus
« sèches » et plus entretenues. Le climat russe étant
plus humide (neige, pluie) et froid (- 40 / -50, l'hiver), il n'est
pas très pratique de garder ses chaussures à la maison – elles
sont notamment plus sales, mais surtout... plus grosses !
Imagineriez-vous garder vos bottes … de ski à dîner, lorsque la
température à la maison descend rarement à moins de 25
degrés comme ici ? :-)
Quant
au printemps, alors que loin de la Russie, on associe cette saison
aux oiseaux, aux fleurs naissantes, au romantisme, à l'amour et à
l'été qui se rapproche, ici, c'est « la plus moche des
saisons de l'année », selon la plupart des habitants. Le
printemps est en effet la fin de l'hiver et donc le moment de la
fonte des neiges, qui laisse progressivement découvrir ses trésors
cachés sous sa magnifique nappe blanche : ordures de toutes sortes,
sans parler des cadeaux déposés par les chiens, également
accumulés pendant toute la période froide (6-8 mois) et qui
remontent petit à petit à la surface, malgré le travail permanent
des nettoyeurs de rues.
Malgré
tout, comparées aux nôtres (françaises notamment), les villes
russes ne sont pas si sales. La pire des saletés en Russie reste –
les ordures délaissées et amassées dans la nature... mais j'y
reviendrai un peu plus tard...
Et
le climat ?
Et
bien, après 6 années déjà vécues ici – je suis toujours en
vie ! Plutôt bon signe ! :-)
J'imagine
que l'Homme peuvent s'adapter, avec le temps, à tout climat, s'il
prête attention à son hygiène de vie.
La
taille de la Russie rend difficile de parler d'un climat. En
fait, tout le monde peut trouver le climat qui lui convient dans ce
pays – il suffit juste de se déplacer un peu. :-)
Personnellement,
un climat continental sec – comme celui de l'Oural est idéal pour
moi. Des vêtements adaptés sont nécessaires et le rythme de vie
que l'on a peut alors suivre son cours, sans trop de bouleversements.
Le climat de Moscou, même si plus chaud, est plus humide et donc un
peu plus difficile pour moi à supporter.
L'essentiel
est aussi de se nourrir proprement. Lorsque je vivais en famille,
j'ai été habituée à manger « à la française » -
plats peu gras et peu salés, avec beaucoup de légumes.
Ici,
le contraire est nécessaire, et ce, sans avoir à s'inquiéter de sa
« silhouette » : en se battant contre le froid, les
graisses sont très vite éliminées et transformées en énergie
utilisée dans les activités quotidiennes.
Donc
le mieux est de s'informer auprès des locaux – habitués au
climat, ils vous donneront les meilleurs conseils ! :-)