dimanche 22 juin 2014

Rejet d'un enfant

« Je l'ai haï dès le début »
Il n’est pas seulement prouvé scientifiquement, il est également visible que des enfants dont la mère n’a pas désiré la naissance mais ayant mené sa grossesse à terme, ont vécu un réel traumatisme lors de leur vie intra-utérine et du développement de l’embryon ; ce premier choc émotionnel grave pourra avoir de sérieuses séquelles psycho-sociales et sanitaires dans la vie de l’enfant. De plus, la mère de ces enfants, effrayées par le fait d’être enceinte, n’hésitera pas à faire appel à la médecine (calmants, somnifères), voire à d’autres moyens de « décontraction » (alcool, drogue, cigarettes), le tout ayant d’évidents effets négatifs sur sa propre santé, sa grossesse, son accouchement ainsi que sur la santé de son bébé.
Certaines études ont même montré que très souvent, ces femmes (souvent seules) accouchaient d’enfants mort-nés ou leurs enfants ne dépassaient pas un an de vie…

On a déjà prouvé à de multiples reprises que des enfants nés par césarienne avaient des troubles d’adaptation à la vie sociale : n’ayant pas réussi à « sortir seuls » lors de l’accouchement, ces personnes auront souvent du mal à « se battre dans la vie » et à prendre des initiatives. De plus, le lien affectif avec leur mère est moins solide.
Il en est de même pour les enfants non-désirés : on constaterait en effet davantage de troubles du comportement, de symptômes de maladies psychiques et d’inadaptation sociale. Au niveau psychologique, ils seraient moins attentifs et étudieraient donc moins bien à l’école ; ils seraient également plus perturbateurs, voire hyperactifs, présentant parfois des signes très proches de l’autisme. Ces enfants seraient en manque évident d’affection et d’amour et développeraient de fait un complexe d’infériorité face aux autres, ainsi qu’un manque de confiance et d’estime de soi. Physiquement, ils seraient souvent victimes d’énurésie nocturne, de fortes angoisses et de troubles du sommeil.
Certaines études ont également mis en relief que si le rejet de l’embryon et du fœtus était moins important lors de la seconde moitié du temps de grossesse, le rejet du bébé à la naissance était pratiquement automatique ; rejet qui pourra s’étendre sur de nombreuses années, mettant souvent l’enfant dans une position de porte-à-faux, lorsque lors d’un conflit avec sa mère, celle-ci lui révéler souvent sa haine et son regret face à un avortement inaccompli. Plus tard, on remarquera que la majorité des jeunes délinquants (ayant parfois vécu la prison) ou des enfants maltraités ou à tendance suicidaires, font partie de cette catégorie d’enfants nés, mais non désirés.
Comme des parents alcooliques donnent souvent naissance à de futurs alcooliques, le même phénomène est perceptible ici : la plupart des parents d’enfants non-désirés, ont été eux-mêmes non-désirés par leurs propres parents… Ce n’est donc qu’un phénomène de reproduction, qui restera infini, si personne n’en prend conscience ni ne se prend en charge.
Je me souviens qu’un jour, alors que j’attendais dans la salle d’attente de mon médecin, une grande, belle et imposante femme russe sortit de la salle de consultation. Son fils, un enfant de 5 ans environ, était près d’elle. Il se mit à crier, à rire, à émettre des sons plus ou moins clairs et à courir dans tous les sens, tentant d’ouvrir toutes les portes qu’il voyait. Sa mère, à l’air très méprisant et hautain, resta imperturbable. Elle s’assit sur un fauteuil, faisant mine de lire; mais il était visible qu’elle le contrôlait de très près, produisant de temps à autres des sons d’agacement, ponctués de « non » répétitifs sur un ton d’irritation et d’impatience qu’elle avait de plus en plus de mal à cacher. Entre attitudes d’ignorance et d’autorité, la mère, d’apparence plutôt suffisante et arrogante, ne bougea pas de son fauteuil. Elle ne manifesta aucun signe de tendresse à son égard, de mots doux, d’initiatives ludiques visant à faire passer le temps.
A première vue, cet enfant autiste débordant d’énergie, présentait des signes clairs d’hyperactivité – il était donc indispensable de l’occuper. En toute discrétion, j’observais la scène avec attention. Soudain, venu de nulle part, l’enfant courut à moi et me sauta dans les bras, comme lors de retrouvailles de personnes s’étant depuis longtemps perdu de vue. Il rigolait et posa sa tête sur mon cœur ; de suite, il se calma… Sa mère, furax de voir son fils « déranger une inconnue », se leva brusquement et le tira par le bras, s’excusant à plusieurs reprises à mon égard. Avec un sourire, je lui répondis que ce n’était pas un problème s’il réagissait ainsi; et en l’espace de quelques minutes, l’enfant courut à nouveau à moi, tentant de m’embrasser, me caressant la main et me regardant dans les yeux avec un regard à la fois d’amour, de détresse et un sourire qui masquait un « appel au secours » très profond. J’appris par la suite que cet enfant était en effet autiste, battu, insulté et constamment rejeté par sa mère, qui croyait en un « miracle de la médecine » en vue de traiter et de soigner son fils…
Suite à cette expérience, je compris une chose essentielle : outre l’emploi d’éventuels traitements médicamenteux et le soutien psychiatriques ou psychiques en faveur de ces personnes non-désirées, il me parait indispensable de porter une pleine attention sur leur entourage familial et environnemental : en prenant en charge les parents, des effets positifs provenant d’une nouvelle attitude favorable à l’enfant seraient sans doute rapidement visibles.
Il est en effet important de souligner que les troubles d’un enfant non-désiré sont intimement liés à un manque affectif de l’entourage proche, en particulier de la mère ; si celle-ci faisait un travail personnel en vue de changer son regard sur son enfant, l’acceptant petit à petit, elle apprendrait indubitablement à l’aimer, au lieu de le rabaisser, de le maltraiter ou de l’insulter ; ainsi, les symptômes de difficultés psycho-sociales de l’enfant diminueraient de par son intelligence, sa pureté d’âme et son intuition naturelles. Seulement alors, il serait nécessaire et efficace de travailler sur lui…
Et comme le disait Emile Zola : « Aimer, aimer ! pouvoir aimer ! c'est toute la santé, c'est tout vouloir et tout pouvoir ! » De fait, si l’Amour n’est pas transmis, difficile pour un individu d’avancer en bonne santé physique et morale dans un monde qui nous met sans cesse à l’épreuve…