dimanche 17 août 2014

La maladie et l'âme

« La maladie du corps est la guérison de l'âme. » (Proverbe basque)
Ancienne danseuse, j’ai toujours pris plaisir à découvrir l’évolution de mon corps au fur et à mesure que la Vie m’offrait de nouvelles expériences : nouvelles tensions, blocages et douleurs suivant mon état émotionnel, ainsi qu'un léger sentiment de frustration, lorsque je ne pouvais les éliminer sans l’aide de professionnels ou de pratiques de relaxation avancées, ne comprenant leur (s) origine(s).


Après une analyse méticuleuse de ma propre anatomie, je me suis mise à observer attentivement le corps d’autrui : partenaires de danse, clients, personnes à l’aéroport, dans la rue, dans le métro…
La danse est pour moi un excellent exemple où il est possible d’apprendre à connaître autrui, ainsi que soi-même. Parfois, il est triste de voir autant de blocages, de tensions et de raideur chez les adultes et les enfants ; tout petits déjà, ces - derniers sont en effet confrontés à des pressions sociales et éducatives permanentes qui forment d’ores et déjà leur corps, suivant l’appréhension, la perception et l’acceptation qu’ils ont de leur environnement.
Un médecin russe m’a dit un jour : « n’as-tu jamais remarqué qu’une femme russe était facilement reconnaissable en discothèque à l'étranger ? Prêtes-y davantage attention ! Si peu de mobilité et de souplesse dans le corps… Tu ne peux pas te tromper ! » Bien sûr, ce fut dit sur le ton de l'humour, mais le fond était bien évidemment très sérieux et… réaliste.
Avec le temps, j'ai pu remarquer que mes douleurs de dos - que j'avais toujours mises sur le compte de mon hyper-laxité, n’étaient en réalité à l’origine que d’anciens traumatismes psychologiques, chocs émotionnels et blocs énergétiques; bien sûr, mes mauvaises postures et ma démarche incorrecte ont eu des conséquences physiques réelles, mais il est important de souligner que tout a débuté par les expériences de vie, stockées et mémorisées dans mon corps.
La majorité des individus souffrent de cette partie du corps - pilier du corps humain ; souffrir du dos revient à remettre en cause l’apport que se donne une personne dans la vie, la sécurité et la confiance qu’elle a en elle. Prendre conscience de son corps peut l’amener à se transformer : lorsque j’ai pris conscience des peurs profondes que j’avais, ainsi que des responsabilités d’autrui que j’avais tendance à prendre sans même consulter les personnes, j’ai commencé à me sentir plus apaisée intérieurement et détendue physiquement.
Mais quelles angoisses avaient pu avoir un tel impact sur mon corps ? Difficile d’en être sûre... Peut-être ma mère m’avait-elle transmis ses propres peurs à l’accouchement (où elle a failli perdre la vie)? Peut-être ces peurs se seraient-elles additionnées à celles que j’ai moi-même emmagasinées suite à un vécu plus ou moins heureux ? Ou aux expériences de vie d’autrui que je me serais appropriées jusqu'ici? Ou bien ces peurs seraient peut-être liées à mon éducation, à la société et aux médias, qui prennent un malin plaisir à manipuler notre esprit afin de nous prévenir d’éventuels dangers, qui n’existent finalement pas (épidémies, terrorisme...) ?
Grâce à un médecin et à mon travail personnel, mon corps s’est progressivement ouvert, transformé, et tout en restant souple et flexible, mes épaules ont retrouvé leur place adéquate : elles se sont rabaissées, dégageant ainsi mon cou et permettant ainsi à ma tête de retrouver son axe droit. De plus, j’ai pu remarquer une aisance et un calme respiratoire nouveaux, grâce au dégagement de ma cage thoracique.
Par ailleurs, j’ai très souvent entendu que de nombreuses personnes avaient une jambe légèrement plus courte que l’autre, devenant presque une « norme » chez l’être humain ; mais en se penchant un peu sur la question, très peu sont nés ainsi : c’est le simple résultat d’un bassin trop fermé ou de la colonne vertébrale mal positionnée.
Par nature, nous sommes tous asymétriques et il est intéressant de voir que les disproportions des gens en disent beaucoup sur eux : épaules très étroites en comparaison avec une tête trop grosse (signe de manque d’affection et de faiblesse), corps peu développé chez la femme (bassin étroit, petite poitrine, taille inexistante) ou chez l’homme (corps d’adolescent pour un visage d’adulte, épaules larges mais jambes très fines). Ceci prouve tout simplement qu’à un moment de la vie (enfance, adolescence), la personne refusé de grandir ou a subi un choc grave ne lui permettant pas de passer à la phase adulte.
Il est donc essentiel de faire attention à son corps et de le ressentir, non par narcissisme, mais par intérêt. Il nous faut le chérir et l’observer, sans tomber dans l’hypocondrie, la victimisation ou l’insatisfaction face à ce que la Nature nous a donné, mais en l’utilisant à bon escient, en le remerciant de si bien fonctionner sans relâche et sans plainte.
Il faut accepter le fait de tomber parfois malade ou de souffrir physiquement car c’est le seul moyen de nous faire « nous arrêter » dans le rythme accéléré dans lequel nous vivons ; notre corps nous pointe simplement du doigt sur quelles émotions il serait bon d’attirer notre attention (agressivité, rancœur, culpabilité), sentiments qui nous ont elles-mêmes rendu malade.
En prêtant davantage attention à notre corps, notre état physique, mental et psychologique s’en sentiront plus détendus et notre humeur aussi. Donc chérissez votre corps et vous verrez la différence ! ;-)