« La maladie du corps est
la guérison de l'âme. » (Proverbe
basque)
Ancienne
danseuse, j’ai toujours pris plaisir à découvrir l’évolution
de mon corps au fur et à mesure que la Vie m’offrait de nouvelles
expériences : nouvelles tensions, blocages et douleurs suivant mon
état émotionnel, ainsi qu'un léger sentiment de frustration,
lorsque je ne pouvais les éliminer sans l’aide de professionnels
ou de pratiques de relaxation avancées, ne comprenant leur (s)
origine(s).
Après
une analyse méticuleuse de ma propre anatomie, je me suis mise à
observer attentivement le corps d’autrui : partenaires de
danse, clients, personnes à l’aéroport, dans la rue, dans le
métro…
La
danse est pour moi un excellent exemple où il est possible
d’apprendre à connaître autrui, ainsi que soi-même. Parfois, il
est triste de voir autant de blocages, de tensions et de raideur chez
les adultes et les enfants ; tout petits déjà, ces - derniers
sont en effet confrontés à des pressions sociales et éducatives
permanentes qui forment d’ores et déjà leur corps, suivant
l’appréhension, la perception et l’acceptation qu’ils ont de
leur environnement.
Un
médecin russe m’a dit
un
jour :
« n’as-tu jamais remarqué qu’une femme russe était
facilement reconnaissable en discothèque à l'étranger ? Prêtes-y
davantage attention ! Si peu de mobilité et de souplesse dans
le corps… Tu ne peux pas te tromper ! » Bien sûr, ce
fut dit sur le ton de l'humour, mais le fond était bien évidemment
très sérieux et… réaliste.
Avec
le temps, j'ai pu remarquer que mes douleurs de dos - que j'avais
toujours mises sur le compte de mon hyper-laxité, n’étaient en
réalité à l’origine que d’anciens traumatismes psychologiques,
chocs émotionnels et blocs énergétiques; bien sûr, mes mauvaises
postures et ma démarche incorrecte ont eu des conséquences
physiques réelles, mais il est important de souligner que tout a
débuté par les expériences de vie, stockées et mémorisées dans
mon corps.
La
majorité des individus souffrent de cette partie du corps - pilier
du corps humain ; souffrir du dos revient à remettre en cause
l’apport que se donne une personne dans la vie, la sécurité et la
confiance qu’elle a en elle. Prendre conscience de son corps peut
l’amener à se transformer : lorsque j’ai pris conscience
des peurs profondes que j’avais, ainsi que des responsabilités
d’autrui que j’avais tendance à prendre sans même consulter les
personnes, j’ai commencé à me sentir plus apaisée intérieurement
et détendue physiquement.
Mais
quelles angoisses avaient pu avoir un tel impact sur mon corps ?
Difficile d’en être sûre... Peut-être ma mère m’avait-elle
transmis ses propres peurs à l’accouchement (où elle a failli
perdre la vie)? Peut-être ces peurs se seraient-elles additionnées
à celles que j’ai moi-même emmagasinées suite à un vécu plus
ou moins heureux ? Ou aux expériences de vie d’autrui que je me
serais appropriées jusqu'ici? Ou bien ces peurs seraient peut-être
liées à mon éducation, à la société et aux médias, qui
prennent un malin plaisir à manipuler notre esprit afin de nous
prévenir d’éventuels dangers, qui n’existent finalement pas
(épidémies, terrorisme...) ?
Grâce
à un médecin et à mon travail personnel, mon corps s’est
progressivement ouvert, transformé, et tout en restant souple et
flexible, mes épaules ont retrouvé leur place adéquate :
elles se sont rabaissées, dégageant ainsi mon cou et permettant
ainsi à ma tête de retrouver son axe droit. De plus, j’ai pu
remarquer une aisance et un calme respiratoire nouveaux, grâce au
dégagement de ma cage thoracique.
Par
ailleurs, j’ai très souvent entendu que de nombreuses personnes
avaient une jambe légèrement plus courte que l’autre, devenant
presque une « norme » chez l’être humain ; mais
en se penchant un peu sur la question, très peu sont nés ainsi :
c’est le simple résultat d’un bassin trop fermé ou de la
colonne vertébrale mal positionnée.
Par
nature, nous sommes tous asymétriques et il est intéressant de voir
que les disproportions des gens en disent beaucoup sur eux :
épaules très étroites en comparaison avec une tête trop grosse
(signe de manque d’affection et de faiblesse), corps peu
développé chez la femme (bassin étroit, petite poitrine,
taille inexistante) ou chez l’homme (corps d’adolescent pour un
visage d’adulte, épaules larges mais jambes très fines). Ceci
prouve tout simplement qu’à un moment de la vie (enfance,
adolescence), la personne refusé de grandir ou a subi un choc grave
ne lui permettant pas de passer à la phase adulte.
Il
est donc essentiel de faire attention à son corps et de le
ressentir, non par narcissisme, mais par intérêt. Il nous faut le
chérir et l’observer, sans tomber dans l’hypocondrie, la
victimisation ou l’insatisfaction face à ce que la Nature nous a
donné, mais en l’utilisant à bon escient, en le remerciant de si
bien fonctionner sans relâche et sans plainte.
Il
faut accepter le fait de tomber parfois malade ou de souffrir
physiquement car c’est le seul moyen de nous faire « nous
arrêter » dans le rythme accéléré dans lequel nous vivons ;
notre corps nous pointe simplement du doigt sur quelles émotions il
serait bon d’attirer notre attention (agressivité, rancœur,
culpabilité), sentiments qui nous ont elles-mêmes rendu malade.
En
prêtant davantage attention à notre corps, notre état physique,
mental et psychologique s’en sentiront plus détendus et notre
humeur aussi. Donc chérissez votre corps et vous verrez la
différence ! ;-)