dimanche 31 août 2014

Le corps et l'âme...

« Le corps est un des noms de l'âme, et non pas le plus indécent.  » Marcel Arland
Vivant à Moscou et ayant une activité professionnelle mobile, je passe beaucoup de temps dans le métro, où j’ai le temps d’observer les autres passagers. De par mon observation, j’ai pu classer ces personnes en 4 groupes - bien sûr, ce classement n’est pas exhaustif.

Bien évidemment, cette catégorisation est très généralisée ; on aurait pu s’étendre à l’observation de certaines parties du corps (forme des jambes), à la démarche des gens, ou encore à leurs différentes réactions face à une même situation, mais ce n’est qu’une première approche qui m’apparut nécessaire, étant donné qu’elle donne, par une identification rapide, l’éventuelle possibilité de s’adapter et de comprendre davantage une personne - sans forcément la juger, simplement en l'observant plus précisément et en l’acceptant telle qu’elle est…

- Malgré un climat continental et une cuisine riche, j’ai tout d’abord repéré de nombreuses personnes maigres; contrairement à ce qu’on pourrait penser, ceci ne concerne pas seulement les femmes, soucieuses de leur silhouette et de leur apparence physique. Au niveau de leur corpulence, elles sont souvent très minces, la tête avancée et la poitrine creuse, les épaules repliées, les omoplates tirées vers l’arrière et les genoux raides.
D’un niveau psychologique, ces individus ont souvent tendance à ne pas se battre jusqu’au bout, même si les choses leur tiennent à cœur. Leur corps frêle et chétif ne leur permet pas de ressentir proprement la terre sous leurs pieds, Terre Mère - apport sûr et stable dont on peut puiser l’énergie nécessaire à notre épanouissement, réalisation et bonheur. Telle une feuille d’automne, ces personnes sont souvent enclines à l’instabilité (recherche de changements constants dans le travail, dans les amis, dans la nourriture, dans ses loisirs) et donc disposées à vivre dans l’insatisfaction permanente. Manquant de confiance en elles et de patience, elles se découragent facilement et ont du mal à favoriser ou à évoluer dans un secteur en particulier. Plutôt sociables, elles cherchent constamment l’attention d’autrui ; elles n’auront donc pas de mal à faire de nouvelles rencontres ni à s’exprimer ouvertement, même de leurs sentiments les plus profonds ; néanmoins, malgré cette sociabilité apparente, elles se sentent intérieurement très seules, ne se sentant exister qu’à travers l’Autre.
En recherche permanente d’amour, d’affection et de la bienveillance d’autrui, elles craignent profondément la solitude et tenteront tout pour refouler leurs éventuels sentiments de colère, afin de ne pas risquer un quelconque rejet. Par ailleurs, leur facilité de communication va de paire avec une voix douce, voire faible, exprimant un sentiment inconscient de ne pas vouloir être forcément entendu. Ces personnes ont souvent du mal à s’affirmer et à assumer leurs besoins, ne pensant pas qu’ils le méritent. Souvent dominés par la tristesse, elles sont sujettes à des périodes dépressives parfois longues.
- Le second groupe d’individus va presque dans la continuité du premier : parfois en chair, ces personnes ont les omoplates également très visibles, auxquelles s’ajoute un dos courbé, et ce, peu importe l’âge; cette posture, souvent symbole de « victime » ou de « victimisation de soi », montre bien le sentiment d’infériorité de la personne et la sensation d’être toujours prête à recevoir le « bâton », de par un fort sentiment de culpabilité. Elles en ont souvent « plein le dos » et ont l’impression de porter tout le malheur du monde (et le leur !) sur les épaules. Voix aigüe et plaintive, leur intonation est particulière, comme si elles accentuaient et allongeaient le son de certaines syllabes - miroir de leur douleur intérieure intense. Leurs épaules sont inclinées vers l’avant et vers le haut, laissant peu de place au cou, qui, avec la gorge, retiennent les mots non exprimés et les émotions refoulées (colère, rancune, désespoir…). Souvent intériorisées et renfermées, elles souffrent profondément de timidité, de manque de confiance en soi et de méfiance du monde extérieur.
Par ailleurs, ce sont des bombes à retardement : conscientes qu’elles peuvent exploser à tout moment et ressentant bien que c’est une perte d’énergie phénoménale inutile, ces personnes remplies d’émois vont malgré tout retenir de toutes leurs forces leurs émotions pour ne pas les exprimer. Tenaces, elles n’ont pourtant pas peur de canaliser le reste de leur énergie dans ce qu’elles entreprennent.
- Ensuite, on peut remarquer les personnes qui se tiennent très droit, voire trop droit, trahissant parfois le côté « faux » de la posture : le cou raide et tendu telles des chiens de prairie, ces personnes à la voix souvent forte sont toujours à l’affut, prêtes à réagir à la moindre provocation.
D’un niveau psychologique, il est important pour elles d’être admirées par l’entourage pour ce qu’elles sont ou paraissent être. De plus, elles vivent dans l’illusion que tout leur est dû et qu’il n’est pas nécessaire de faire des efforts pour mériter les choses. Actives et rationnelles, il est rare de les voir détendues. Emotions à fleur de peau, ces personnes sont facilement offensées, voire agressives, acceptant peu de signes de tendresse, mise à part ceux de leurs proches. Elles sont sociables mais distantes et n’ouvrent la porte qu’à quelques rares amis. Parfois un peu trop sûrs d’elles et arrogantes, changeant rarement d’avis ou de position, ces personnes sont déterminées et ont les pieds bien sur terre ; stables et solides et souvent ancré dans une routine quotidienne, leur esprit est souvent très dur à modifier ou à faire évoluer. Elles sont généralement autoritaires et ont tendance à vouloir dominer les autres, voire à les contrôler. De par leur esprit peu flexible, il leur arrive de condamner les gens très sévèrement dès la première rencontre ; ils ne changeront alors de jugement que lorsque la personne leur aura réellement prouvé qu’elle mérite un autre jugement de valeur. Souvent dures envers les autres comme avec eux-mêmes, ces individus ont souvent les mâchoires tendues et la poitrine gonflée – pas tant par signe de fierté ou de protection face au monde extérieur, mais par l’accumulation de pleurs et la crainte de ne pas être reconnu comme un adulte à part entière.
- Enfin, il existe un groupe de personnes « lourdes » que nous pourrions classer en 2 sous-catégories : chez les hommes, une disproportion du corps est souvent évidente : épaules larges, petit bassin et jambes de grenouille ; ces hommes, dont la démarche rappelle parfois celle d’un coq, donnent l’impression d’être prétentieux, satisfaits et d’avoir un complexe de supériorité notoire. En apparence égoïste, voire égocentrique, ces personnes pensent en effet à leurs propres avantages, sans forcément tenir compte d’autrui. Un peu comme les personnes du groupe précédent, ces personnes n’apprécient guère l’intimité et la proximité avec les autres. Jouant de leur charme avec leur corpulence physique, ils dégagent également un fort sentiment de sûreté et d’assurance, leur permettant de profiter, voire de manipuler autrui, n’hésitant pas à enfreindre parfois les règles sociales. Pourquoi une telle attitude ? Ni par méchanceté ni par malveillance bien sûr, mais par simple peur d’être soi-même l’objet de domination ou d’utilisation. 
Chez les femmes dont la lourdeur se trouve le plus souvent dans le bas du corps, l’affectif est privilégié. Le haut de leur corps n’étant pas toujours très développé ou ouvert, leur large bassin compense ces problèmes de cœur. Par peur de ne pas être acceptées telles qu’elles sont, elles cherchent par tous les moyens à manipuler autrui, en jouant à la petite fille ou en mettant l’accent sur leur sensualité et autres atouts féminins ; ci ce petit jeu est encore insuffisant, elles laisseront alors éclater leur colère.