La bûche de Noël est une véritable tradition française, plus ancienne encore que l'arbre de Noël ou la crèche. Mais connaissez-vous réellement son histoire ?
En
France, depuis plusieurs siècles, la coutume voulait que lors de la
veillée de Noël, l’on flambe une bûche en bois d'arbres
fruitiers (prunier, cerisier, pommier, olivier) ou bien de bois
francs (chêne ou hêtre). C'est autour de sa flambée, qu'au retour
de la messe, les familles se réunissaient pour prendre le repas de
Noël, en chansons.
Placée dans l'âtre de la cheminée – foyer
apportant chaleur et réconfort – avec des fragments de la bûche
de l'année précédente symbolisant ainsi le temps sans cesse
renouvelé, la flambée de la bûche de Noël était un rituel de
bénédiction.
Selon les régions, elle était saupoudrée de sel (en Poitou-Charentes) ou arrosée de vin (en Provence), d'eau bénite, d'huile, de lait ou de miel en récitant des prières. Généralement, la coutume voulait que la bûche se consume durant trois jours sinon, gare au malheur !
La
bûche ainsi "bénie" protégeait la maison et ses
habitants. Ses cendres étaient dispersées dans les étables, les
vergers ou les champs pour protéger des maladies et apporter la
prospérité. Pour certains, les cendres permettaient d'empêcher les
renards d'entrer dans le poulailler et les sorciers dans les
habitations. Pour d’autres, elles avaient le pouvoir d'accroître
les semences, de protéger de la foudre et d'abréger l'agonie des
mourants. Jetées dans un puits, elles éloignaient les serpents et
les mauvaises langues ! Déposées dans le cercueil d’un défunt,
les cendres portaient chance dans l’au-delà.
Selon les croyances, avant qu'elle flambe, la bûche portait malheur à ceux qui l’enjambaient ou s'assoyaient sur elle, au risque d'attraper des furoncles !
Avec l’arrivée des poêles en
fonte, peu à peu cette tradition s’est perdue au détriment d’une
bûche de Noël pâtissière, dessert incontournable en cette période
de fêtes.
Difficile
de savoir qui en est son véritable créateur. Pour certains ce
serait un apprenti pâtissier parisien œuvrant dans une chocolaterie
du quartier de Saint Germain des Prés qui en aurait eu l'idée vers
1834. Pour d'autres, ce serait une invention lyonnaise datant des
années 1860. Enfin, le pâtissier glacier du prince Charles III de
Monaco, Pierre Lacam, aurait pu être le premier en 1898.
Aujourd’hui,
glacée ou pâtissière, la bûche est devenue le dessert de Noël
préféré des français, déclinée selon les goûts et les régions.
C’est notamment l’un des desserts traditionnels en Corse, où
l’on prépare chaque année la bûche de Noël à la châtaigne.
Avant
de savourer un autre dessert au Nouvel An et durant le mois de
janvier : la Galette des Rois…une autre tradition française (l'Epiphanie) !
