samedi 11 octobre 2014

Le Français Québécois

Si vous avez l'intention d'aller au Québec, il se peut que vous ayez besoin d’un petit cours de français québécois pour ne pas être trop désorienté.
Mais comme on dit là-bas: "faudrait pascapoter avec ça. Toute va être tiguidou tu vas voir, ça va être écœurant. Mais asteure par exemple, commençons par une tite leçon de québécois".
Traduction : Mais comme on dit par chez nous, il ne faut s’en faire avec ça. Tout ira bien vous verrez, ce sera merveilleux. Mais maintenant, le temps est venu de prendre une petite leçon de français québécois.
Les Québécois défendent fièrement la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise en Amérique du Nord.
Le Québec a une population de 6 000 000 de francophone. Ce véritable village gaulois doit donc défendre sa langue contre l’assimilation devant 250 000 000 d’américains et 25 000 000 de canadiens anglophone.

À noter qu’au Québec, le tutoiement est régulièrement utilisé. Ne soyez donc pas surpris. Le « vous » ne s’emploie souvent qu’au sens pluriel…


Première chose à savoir : la contraction
* Je suis en vacances = chu en vacances
* Réduction du pronom « il » en « y » : Y peut pas venir, Y’est malade, Y’a pas le temps.
* Réduction de « elle » en « a » : A perdu sa montre, a pas le temps, a mal au dos (« elle a » devient un A allongé.)

Seconde chose : mutation du A en Ô (inconstant)
Je ne serai pas à la fête de Laura = J’s’rai pô à’ fête à Laurô.

Troisième chose : ajout du S entre TU et TI
Penses-tu que ta tirelire est tombée? = Penses-tsu que ta tsirelire est tombée?

Quatrième chose : ajout du Z entre DI et DU
C’est dur à dire = C’est dzur à dzire.

Cinquième chose : sonorité OI devenue OÉ ou OÈ (en désuétude)
Toi tu vas savoir ce que je pense = Toé* tu vô savoère c’que j’pense
* la présence du “toé” et du “moé” (pourtant perçue comme LA caractéristique de notre accent) est de moins en moins présente. Toi et moi sont prononcés “toua et moua”, sauf lorsque le locuteur est choqué ou irrité.

Sixième chose : tonalité plus basse

Enfin, la dernière pour bien maîtriser l’accent québécois est de diminuer sa tonalité d’au moins une octave.
À l’opposé, un Québécois qui tente d’imiter l’accent français aura davantage de succès en augmentant sa voix d’une octave également!
Aussi, pour mieux vous préparer à votre visite au Québec, voici une liste exhaustive des expressions québécoises les plus courantes.
Mais avant, notez qu’au Québec, on ajoute « tu » après les questions : T’en veux-tu ? Il en veut-tu ? Ils en veulent-tu ? Tu m’écoutes-tu ? Je l’ai-tu ?
Ensuite, il faut savoir qu’un vieux « T » ancestral persiste dans les expressions : « il fait frette  » (froid), « mon litte » (lit), « viens icitte » (ici), « pomme pourritte » (pourrie.)
Enfin, les trois repas au Québec sont le déjeuner (matin), le dîner (midi) et le souper(soir).

Petit Lexique
* T’sais ? : Réduction de « tu sais ? ». Plusieurs Québécois ponctuent généreusement leurs phrases de cette petite expression, prononcée comme suit : Tsé !
Faque : cela fait que; donc.
* J’en ai en masse : J’en ai beaucoup, en grande quantité.
À c’t’heure ou Asteure : Réduction de « À cette heure », qui a le sens de maintenant.
Envoye-donc ! : Lorsque l’on veut convaincre quelqu’un de faire quelque chose.
Pantoute ! (ou « pas-pantoute ») : Signifie « pas du tout. »
Tiguidou ! : C’est d’accord !
C’est écoeurant ! C’est l’enfer ! : Peut être extrêmement négatif OU extrêmement positif.
Je suis tanné, c’est plate : J’en ai marre, c’est ennuyant.
Je suis mal pris : En détresse, j’ai besoin d’aide

Avez-vous compris quelque chose ?
. 5 à 7 : sortie dans les bars ou restaurants après le travail pour prendre un verre entre collègues ou amis (équivalent d’un pot, happy hour)
achaler ceux qu’on aime : qui aime bien châtie bien
aubaine : achat à rabais, solde
. banc de neige : amas de neige
barrer la porte : fermer à clef
bas : chaussettes
batterie : pile
bec : petit baiser
. bibitte : insecte
bienvenue (après un merci) : il n’y a pas de quoi
blé d’Inde : maïs en épi
blonde / chum : petite amie / petit ami
bonjour (à la fin d’une conversation) : bonne journée, au revoir
boisson : alcool fort
breuvage : boisson non alcoolisée
ça coûte un bras : ça coûte cher
ce n’est pas si pire que ça : ce n’est pas si terrible
cégep : lycée supérieur
chandail : ne désigne pas seulement un gilet en laine, mais tous les hauts de vêtements
(t-shirt, pull, etc.)
char : voiture
chaudron : casserole
chicane : dispute
cogner des clous : piquer du nez
condo : appartement dans une copropriété
dépanneur : épicerie de quartier où l’on retrouve un peu de tout. Ouvert tous les jours, parfois même 24h/24
dispendieux : cher
fête : anniversaire
. fin de semaine : week-end
gang : groupe d’amis
gaz : essence
gomme : chewing-gum
. jaser : parler
. joke : plaisanterie
liqueur : boisson gazeuse
longue distance : appel interurbain
magasiner : faire les magasins, faire du shopping
maringouin : moustique
pâté chinois : met québécois composé de boeuf haché, de maïs et de purée de pommes de terre
poudrerie : neige légère soufflée par le vent
poutine : met typiquement québécois composé de frites, de fromage en grains et d’une sauce
prendre une marche : aller se balader, faire une promenade
quétaine : démodé, kitsch, ringuard
ski-doo : motoneige
. souffleuse : chasse-neige
toune : chanson
tourtière : pâté de viande en croûte
tuque et mitaines : bonnet et moufles.

BONNE CHANCE! Ou devrais-je dire... M**** ! :-D