Si vous gagniez un voyage et aviez à choisir le lieu de destination entre trois villes : Berlin, Madrid et Paris. D'après mes observations, je pense que la
majorité des gens choisiraient Paris.
Paris,
Paris… Pourquoi Paris? Les
adultes pensent aux monuments célèbres, les enfants rêvent
d’Euro-Disneyland. Dans les sondages, les Polonais déclarent une
grande sympathie pour les Français. Pourquoi donc, malgré tout
cela, la langue française n’est pas populaire chez nous et le
nombre d’élèves qui la choisissent stagne ? En Pologne, 6% de la
population déclare parler français, mais la majorité juge son
niveau comme « bas » et seulement 2% affirme en avoir une
bonne maîtrise. Le
français occupe le quatrième rang quant
à la popularité des langues vivantes en Pologne.
D'après une analyse dans une école polonaise, la plupart des élèves interrogés ont choisi l’anglais comme
première langue étrangère; plus tard, au lycée,
on leur a demandé de choisir une deuxième langue. Le choix portait
sur le français, l’espagnol et l’allemand. Pour ceux qui avaient choisi l'espagnol ou l'allemand, une question leur a été posée: pourquoi pas le français ?
Les résultats de l’enquête ont montré que le premier argument était basé sur l’utilité de la langue. En d'autres termes, en choisissant une langue vivante, les élèves se
demandent avant tout si elle leur sera utile dans l’avenir:
nous pouvons déduire qu’ils pensent donc que l’allemand et
l’espagnol seront plus utiles que le français. Ce raisonnement est
très inquiétant, surtout si nous constatons que la France est le
plus grand investisseur en Pologne et le pays le plus visité en
Europe...
Ce
qui est aussi très important pour les élèves, c’est le
nombre de personnes qui parlent une langue donnée.
Si donc on peut comprendre qu’ils choisissent l’espagnol,
l’argument quantitatif est plutôt surprenant en ce qui concerne
l’allemand.
La
troisième réponse, très fréquente, déclarait tout simplement qu'ils "aimaient" l’espagnol / l’allemand - argument difficilement discutable.
La quatrième réponse sur le choix de la langue étrangère, était liée à la "facilité" de la langue à étudier.
Enfin, un autre facteur
qui compte beaucoup reste le professeur. Beaucoup d’élèves ont
argumenté qu'ils avaient "entendu dire que c'était un
bon professeur.
Ces
résultats laissent apparaître une image plutôt curieuse de la
France et de la langue française :
- le français n’est pas une langue utile ;
- elle est utilisée par peu de personnes dans le monde,
- non seulement elle n’est pas belle mais en plus difficile et enseigné par de mauvais professeurs.
Est-ce
vraiment vrai tout cela ? Certainement pas.
Voyons donc de plus
près d'autres arguments que les élèves ont donnés pour expliquer
pourquoi ils n’avaient pas choisi le français. Quelques-uns sont
vraiment très intéressants ; citons à titre d’exemple :
« parce que ma mère m’a forcé », « parce que mon
père aime le français », « parce que les Français
n’ont rien fait au début de la IIème guerre mondiale ».
Mais
la réponse donnée de loin le plus souvent avance que « le
français est difficile ».
Et… heureusement, j’ose dire, car, à mon avis, c’est un
argument que nous pouvons facilement réfuter pour montrer que le
français n’est pas plus difficile que… l’allemand ou
l’espagnol.
Et
quant aux professeurs ? Beaucoup dépend de nous, de notre
personnalité, de notre attitude, enfin, de l’étiquette « bon
prof » qui peut nous être « collée » par nos
élèves.
A
nous donc de convaincre nos élèves que le français n’est pas si
difficile que ça et qu’en tant qu’enseignants, nous pouvons être
aussi sympa que les profs d’espagnol ou d’allemand !