Relations entre les personnes
Relations envers les “Non-Russes”
Tout dépend de votre pays d'origine, mais le racisme est aussi un gros problème ici. Si vous êtes d'un pays de l'URSS, en particulier d'un pays du Sud (Ouzbékistan, Tadjikistan,...) - vous être traités avec beaucoup moins de respect qu'un Européen, par exemple. Ces personnes sont en effet souvent vues comme sales, paresseuses, malhonnêtes, et j'en passe, alors que, comme partout, les emplois qu'ils ont ne seraient fait par aucun citoyen local! (Construction des routes et des maisons, ramasssage des ordures, nettoyage des rues). Il y a aussi beaucoup de rumeurs liées à ces immigrants, (trafic de drogue et autres activités illégales); d'autre part, bon nombre de ces personnes vivent illégalement en Russie. J'ai même entendu dire qu'environ 12 000 000 de personnes vivent officiellement à Moscou et que 12 autres millions... illégalement !
Parfois, cette injustice à l'égard des étrangers est officialisée par des lois nationales et régionales, ou par les lois internes aux entreprises. Par exemple, un de mes amis vient du Daghestan (république russe) et m'a dit qu'elle ne pouvait prendre de crédit bancaire pour achater un appartement: “votre région est sur la liste noire - pas de crédit pour vous.” Même les agents immobiliers ont refusé de lui montrer des appartements à louer...
Par ailleurs, les Russes ont des proverbes célèbres se référant à certaines de leurs régions - Tatarstan: un hôte qui s'invite est pire qu'un Tatar, ou à certaines de leurs anciens territoires: lorsqu'un Ukrainien est quelque part - un Juif n'a plus rien à y faire. Je pense que ces citations se passent de commentaires...
Mais pour vous aider à interpréter ces phrases un peu plus “correctement”, il suffit de savoir que la Russie a été occupée par les Tatars pendant 200 ans, avec toutes les conséquences que peut causer une occupation militaire.
Je voudrais également ajouter à cela un peu de mon expérience personnelle, en tant qu'étrangère, qui ne ressemble pas à une Française, mais plutôt à une personne des pays du Sud (Italie, Espagne, pour l'Europe, la Géorgie, ou du Caucase). Jusqu'à la Perestroïka, les frontières russes étaient fermées aux étrangers (à l'exception de certains peuples appelés à travailler, comme les Allemands, par exemple). Les Russes (souvent provinciaux) n'étant donc pas habitués à être en contact avec des non-Russes, sont souvent "effrayés" par eux: ils ne comprennent pas pourquoi ils viennent en Russie, ni ce qu'ils y font, et encore moins ce que ces étranger peuvent éventuellement attendre d'eux. De fait, il peut arriver de nous insulter, sans rien avoir fait de spécial. Heureusement, ce n'est qu'une minorité des cas.
D'autres Russes, qui ont également rarement été en contact avec des étrangers, au contraire les adorent avant même de leur parler. Et quand ils se connaissent, ils vont encore plus admirer et tout leur pardonner. Généralement, ils ouvriront grand leur porte et leur cœur, en s'excusant de vivre dans une “modeste demeure”, si c'est le cas. Ils parleront surtout de tous les côtés négatifs de la Russie et de leur rêve d'aller en Occident, mais c'est un pointnsur lequel nous reviendrons un peu plus tard.
Les Russes envers d'autres Russes
Au contraire de la France, les Russes ont toujours été obligés de lutter pour survivre, n'a yant pas peur de marcher sur la tête des autres pour atteindre leurs objectifs; de fait, chacun pour soi. Et même si vous avez, par exemple, un seul produit à la caisse d'un supermarché, personne ne pourra vous cèdera sa place, même si vous êtes âgé, enceinte ou handicapé. Les Russes s'excuseront rarement aussi, quand ils vous auront accidentellement poussé ou marché sur le pied - un Français aurait 100 fois demandé pardon dans ce cas, jusqu'à ce que la "victime" se sente presque coupable! Une de mes connaissance, formateur de métier, m'a donné un exemple qu'il donne régulièrement lors de ses conférences: “Quand quelqu'un vous pousse inintentionnellement en Europe, il dira automatiquement “je suis désolé” et le pense. En Russie, seuls les gens bien éduqués s'excuseraient et penseraient: “Abruti, va !”
Donc c'est un fait: les Russes ne sont, en général, pas très courtois, surtout quand ils ne se connaissent pas les uns des autres (dans le métro, dans la rue, dans un magasin,...). Je vais pas donner trop exemples, afin de ne pas vous décevoir ni tomber dans des généralités inutiles, mais je vais quand même vous en donner un ou deux. Et Dieu merci! Tout le monde est différent et les Russes ont bien d'autres qualités!
Je me souviens d'un de mes voisins à Perm: un homme imposant. Tôt le matin, nous nous sommes retrouvés dans l'ascenseur - très petit; je me suis mise derrière lui. L'ascenseur s'est arrêté à l'étage suivant, étant donné qu'un jeune homme voulait rentrer. Voyant l'ascenseur plein, il n'a même pas essayé et spontanément, mon voisin l'a fusillé du regard et lui a dit d'une voix rauque: “A pied!” Et sur ces mots, la porte s'est refermée.
Je suis restée sous le choc. Était-ce une blague ? Était-il de mauvaise humeur? Est-ce du à un manque d'éducation? Pourquoi s'adresser ainsi à ce jeune homme ? Pourquoi faire de l'ironie? J'ai alors pensé à la manière dont des Français auraient pu réagir: silence ou sourire, disant quelque chose de drôle ou même en s'excusant “désolé, plus de place pour vous, même en se serrant... Mais ne vous inquiétez pas, je suis sûr que vous n'attendrez pas longtemps!” Ca parait un peu "idéal", mais honnêtement, c'est l'interprétation qui m'est apparue de suite à l'esprit...
Autre exemple: Moscou, dans le métro, beaucoup de gens dans le wagon; un jeune homme monte, écoutant de la musique très fort. Après une station ou deux, un homme derrière, qui s'impatientait depuis quelques minutes, lui cria brusquement: “je ne vous le répéterai pas - moins fort!!!” Sans, bien évidemment: “excusez-moi, pourriez-vous,... ?”
Pourquoi un tel manque de respect, froideur et impolitesse ?
J'ai lu des petites choses à ce sujet et ai discuté avec un professeur de l'université; elle est d'avis que Moscou a été construite très rapidement (et Moscou n'est qu'un exemple - d'autres villes sont dans le même cas). Le gouvernement de l'époque a donc eu besoin de beaucoup d'ouvriers et les a fait venir de villes de province et de villages. Ces gens, non-éduqués pour la plupart, ont transmis tout simplement ce manque d'éducation et de civilité aux générations suivantes. La même chose s'est produite avec les nouveaux-riches: personnes peu éduquées qui ont obtenu une place dans la politique ou dans les affaires, par le biais de la corruption, de mensonges et de fraudes. Au printemps dernier, un scandale a pris le jour à ce sujet - on a en effet officialisé le fait que la majorité des politiciens avaient acheté leurs diplômes, et ce sont eux, qui dirigent un pays de près de 150 000 000 de personnes...
